Territoires et population rurales en période de crise – perspective d’Afrique du Nord

Robin1004ème journée d’étude régionale préparatoire  au Congrès de Milan, Rabat (Maroc), 20 et 21 Avril 2015.
Par Rabii MRAIDI, YPARD membre
La Fondation du Dialogue Sud-nord Méditerranée (Louvain-la-Neuve), l’Institut Agronomique et Vétérinaire (IAV) Hassan II (Rabat), le GFAR (Rome), le CIHEAM – IAMM (Montpellier) et la Bibliothèque d’Alexandrie ont organisé, les 20 et 21 avril 2015, à Rabat (Maroc), la quatrième journée d’étude régionale préparatoire au congrès de Milan de 2015 sous le thème « Territoires et population de l’espace rural en période de crise ».

Lors de la première journée, des rapports des journées d’études préparatoires régionales et nationales ont été présenté. Madame Fatima Bensoltane (Fondation du Dialogue Sud-Nord Méditerranée et Méditerravenir) a mis l’accent sur la fragilisation de la femme rurale pendant les périodes de transition, en exposant notamment le cas de la Tunisie. Monsieur Vincent Legrand de l’Université Catholique de Louvain, a évoqué le problème de l’eau en citant l’exemple de la  nouvelle constitution tunisienne qui donne le droit à l’eau. Monsieur Omar Tadjadit, du Réseau Algérie du Dialogue Sud-nord, a quant’ à lui  insisté sur le rôle des jeunes.

Inégalités au niveau national et régional

Au court de la première session sur les inégalités au niveau national et régional, en rapport avec l’exode rural, monsieur Larbi JAIDI économiste à l’IAV, a souligné que la société civile participe à réduire l’impact des inégalités : les inégalités de revenus entre le monde rural et le monde urbain et les inégalités socio-économiques. Le rôle des politiques publiques est de redresser ces inégalités.
Les problèmes des foncières domaniales en Mauritanie et de la faussée territoriale causée par l’exode vers la côte (la rive nord du fleuve du Sénégal) ont été abordés. Monsieur Salah TRIKI du Commissariat Général au Développement Régional a présenté le Programme de Développement Intégré (PDI) mis en place en Tunisie pour réduire les inégalités régionales entre la zone littorale et les arrières pays.

Politiques agricoles, bonne gouvernance, nouvelles populations et développement des mondes ruraux

Une deuxième session portait sur les politiques agricoles, bonne gouvernance, nouvelles populations et développement des mondes ruraux. Les politiques agricoles mises en place par l’Etat ont été vivement critiquées  pour ne pas être des politiques rurales.
La réduction du monde rurale à la sphère productive a été remise en cause, ainsi que les politiques agricoles qualifiées de politiques inefficaces et inefficientes. L’Association Nationale des Femmes et du Développement Rural (Algérie) a présenté le cas de l’expérience algérienne et le passage de l’agriculture vers le développement rural pour arriver au monde rural algérien d’aujourd’hui. Un modèle de collaboration rurale dans la Grande Région (l’Allemagne, la Belgique, la France et le Luxembourg) dans un cadre de politique agricole commune, a été présenté.

Emploi, éducation, renforcement des capacités, services et infrastructures, et investissement rural

Une troisième session focalisait sur l’emploi, l’éducation et le renforcement des capacités, l’accès aux services, les infrastructures et l’investissement rural. Les différences entre l’école rurale et l’école urbaine ont été exposées, ainsi que les défis et problématiques de l’école rurale au Maroc. La problématique des territoires ruraux en méditerranée a été mise en question, notamment les politiques publiques pour accompagner les dynamiques de développement. Les discussions ont aussi porté sur les populations rurales et les problèmes liés aux services sociaux de base et à l’accessibilité.

Utilisation durable des ressources naturelles, biodiversité, sécurité alimentaire, santé et nutrition

La quatrième session était intitulée utilisation durable des ressources naturelles, biodiversité, sécurité alimentaire, santé et nutrition. Madame Hafidha KHADRAOUI, Foundation El Kef Pour le Développement (FEKDR) a présenté son expérience avec les femmes rurales dans la zone de Takrouna au Nord-Ouest de la Tunisie et l’implication de toute la famille dans le développement de la région. Des points forts tels que la sécurité alimentaire et nutritionnelle pour tous, la sécurisation des accès aux ressources naturelles et la reconnaissance de la responsabilité des ruraux dans la gestion durable des territoires, ont été adressés. Un participant a soutenu que la clef pour augmenter les populations rurales est de garantir des conditions environnementales sans contraintes.

Prospectives sur les futurs envisageables pour les jeunes et pour les femmes

Une autre journée était consacrée aux prospectives sur les futurs envisageables pour les jeunes et pour les femmes.  En tant que jeune cadre tunisien et membre de YPARD : « les jeunes professionnels pour le développement agricole, je représentais les perspectives des jeunes sur les prospectives envisageables pour les jeunes. J’ai mentionné comment les produits de terroirs et les signes de qualité contribuent à la création de valeur ajoutée pour les zones rurales. AOC, labels, certifications de conformité ou agriculture biologique sont à la fois des instruments de développement de la production et d’aménagement du territoire :
§  Ils contribuent à accroître la valorisation de la production agricole ; impliquant étroitement les producteurs, ils concourent à une meilleure répartition de la valeur ajoutée ainsi créée et participent à l’amélioration du revenu rural.
§  Ancrés dans les bassins de production, ils renforcent le lien qualité-territoire, répondant ainsi à une demande forte des consommateurs et favorisant le maintien de l’activité économique en zone rurale.
§  Démarche collective, ces “signes officiels de qualité” sont également des outils de la politique de filières. Ils renforcent le dialogue entre tous les opérateurs et contribuent à l’organisation de la production agricole.
Pour les prospectives envisageables pour les femmes, la représentante de la Fondation du dialogue Sud-nord Méditerranée, et Mediterravenir a mis l’accent sur la notion de femmes rurales et non pas une femme rurale et a aussi souligné qu’il faut reconnaître les problématique des femmes rurales pour trouver les solutions.
Il s’agit aussi de penser à une coopération Sud-Sud inexistante jusqu’à maintenant.


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