GCARD2: De la Feuille de route à la mise en œuvre

La destination est connue, mais comment y réellement parvenir ?

Le premier Objectif  du Millénaire pour le Développement (OMD) qui consiste à «Réduire l’extrême pauvreté et la faim dans le monde» est en réalité plus facile à dire qu’à réaliser. Il est important de nous interroger sur comment pouvons-nous réellement parvenir à cet objectif ? Que traduit cet objectif pour les 500 millions de petits producteurs qui produisent pour nourrir le tiers de la population mondiale? Que signifie t-il pour près de 1 milliard de personnes qui chaque nuit dorment sans pouvoir manger?

En réalité, étant donné que la plupart des pauvres vivent dans les milieux ruraux et dépendent essentiellement de l’agriculture pour leur survie, la réponse la plus évidente à ce défi mondial serait d’accroitre les investissements dans le secteur agricole. Malheureusement, cette évidence pour réduire la vulnérabilité des petits producteurs aux chocs climatiques et économiques, semble ne pas être une priorité dans les politiques nationales et internationales de développement et de réduction de la pauvreté.

C’est dans ce contexte qu’avait été organisé en 2010, la première Conférence Mondiale sur le Recherche Agricole pour le Développement (GCARD1). Ce fut un grand forum qui a connu la participation des divers acteurs du système de la Recherche Agricole pour le Développement (AR4D) pour encourager l’accroissement des investissements dans le secteur agricole. Les travaux ont abouti à l’élaboration de la Feuille de route de GCARD qui identifie les reformes et les actions nécessaires dans le système de la recherche agricole pour l’obtention des effets concrets sur les petits producteurs.

La deuxième édition de la Conférence Mondiale sur la Recherche Agricole pour le Développement (GCARD2) vient à présent pour définir le processus à suivre pour la mise en œuvre des reformes proposées dans la feuille de route pour la transformation de la recherche agricole. La GCARD2 identifiera de façon cohérente les voies et moyens pour répondre à nos attentes de l’innovation agricole ainsi que les types de partenariats, d’actions et de reformes à mettre en place pour construire un système de recherche agricole orientée vers les défis actuels du développement. Mais, comment assurer la coordination des actions des producteurs vers les chercheurs pour produire les impacts souhaités ?

Nécessité du renforcement des systèmes nationaux de recherche

Nous pouvons nous interroger sur la façon dont nous voulons produire des résultats concrets pour impacter les petits producteurs. Mais nous devrions également nous demander, pourquoi avoir attendu tant de décennies passées avant de nous poser une telle question ? En réalité jusqu’à présent, aussi bien les gouvernements que les partenaires techniques et financiers n’ont encore trouvé une réponse efficace à cette question. Il est évident pour les systèmes nationaux d’investir et de mobiliser les engagements liés aux aides financières  pour accroitre les ressources pour le renforcement des capacités au niveau national et local. Il est donc nécessaire d’intégrer le renforcement des capacités dans les plans nationaux d’investissement et de demande d’aides s’il est réellement souhaité que l’idéale promue à travers la Recherche Agricole pour le Développement produise les impacts espérés.

 

Nouvelles orientations/directives des Programmes de recherche du CGIAR pour l’impact

La deuxième Conférence Mondiale sur la Recherche Agricole pour le Développement (GCARD2) est à la recherche des meilleures stratégies et moyens possibles pour réaliser les efforts de développement à une échelle plus large. Les Programme de Recherche de la CGIAR (CRPs) constituent une nouvelle orientation pour la mise en œuvre des activités au sein du CGIAR. Ils combinent les ressources de divers centres de recherche et de partenaires pour atteindre les cibles pouvant produire un réel changement sur le terrain. Les partenariats et les responsabilités stratégiques sont en réalité d’une grande importance, mais nous devrons aussi investir dans les systèmes nationaux et dans le renforcement des capacités des individus qui constituent les acteurs clés du changement. La GCARD constitue alors pour le CGIAR une opportunité pour identifier les lacunes actuelles de la recherche agricole et de mobiliser les partenaires en les aidant à surmonter les obstacles.

Profiter de la puissance des réseaux

Les récentes initiatives d’actions collectives pour la AR4D regroupent le Forum Mondial pour les Services Ruraux de Vulgarisation (GFRAS) et la Confédération Mondiale des Association d’Enseignement Supérieur pour l’Agriculture et les Sciences de la Vie (GCHERA), qui respectivement, s’intéressent au renforcement des services d’appui-conseil, et les reformes dans le domaine de la formation supérieure. On dispose aussi de la plateforme des Jeunes Professionnels pour la Recherche Agricoles pour le Développement (YPARD) et l’Association des Centres Internationaux de Recherche et de Développement de l’Agriculture (AIRCA) qui est une plateforme internationale des centres de Recherche&Développement. Les Forums Regionaux pour la Recherches Agricoles (FORA) occupent également une place fondamentale dans la GCARD pour la mobilisation des chercheurs, de la communauté et des partenaires dans l’ensemble des actions nécessaires pour la AR4D

Les modèles de financement centralisés ne sont pas les seuls voies produire des impacts

La puissance des actions collectives est aujourd’hui reconnue à l’échelle mondiale. Les partenariats doivent partir de la base au niveau des communautés pour l’échelle internationale. On constate aujourd’hui une multitude de partenariats au niveau mondial sur l’enjeu du changement climatique et dont les actions collectives ont conduit à un travail de fond pour des impacts réels à divers niveaux. La GCARD offre donc un cadre transparent aux gouvernements et aux chercheurs pour redéfinir leurs agendas et les accords pour la réalisation d’impacts par une exploitation judicieuse des ressources réunies ensemble.

De nouveaux champs d’actions exigent de nouvelles capacités

De nouvelles compétences dans le domaine des sciences naturelles que des sciences sociales sont nécessaires pour transformer les systèmes actuels et développer de nouvelles stratégies de partage d’informations et de connaissances. Que ce soit en Asie ou en Afrique, de nombreux paysans n’ont pas accès à l’eau potable ou ne disposent pas suffisamment de l’eau pour l’irrigation, mais en revanche, la plupart de ces paysans possèdent un téléphone mobile. Qu’est-ce qui peut alors expliquer le succès de l’un et l’échec de l’autre ?

Le genre est aussi un aspect fondamental dans ce processus de transformation. Les femmes constituent la tête de l’agriculture dans la plupart des pays en développement où elles représentent plus de 60% de la force de travail engagée dans le secteur agricole. Cependant, les femmes sont souvent exclues à tous les niveaux du processus de prise de décision. Les différents acteurs à savoir les gouvernements, le secteur privé et les institutions de recherche ont besoins de reconnaitre le rôle des femmes dans le processus d’innovations et de gestion des ressources pour la réduction de la pauvreté et la sécurité alimentaire dans les pays en développement.

Travailler ensemble pour impacter

La recherche agricole pour le développement implique plusieurs cycles/processus dont :

  1. L’élaboration et planification de la recherche ou d’innovations par rapport les contraintes du développement
  2. La conduite de la recherche et le partage des connaissances et des technologies mises au point
  3. La diffusion et la reproduction des connaissances et des innovations et leur transformation en produits/actions de développement

Qu’est-ce qui caractérise la GCARD2 ?

La GCARD2 discute de comment les différents acteurs peuvent mettre en œuvre l’ensemble de leurs objectifs au niveau national, régional et mondial. La conférence vise donc à élaborer un plan d’actions pouvant aider à démarrer sur un chemin de progrès pour obtenir de réels changements mesurables à la prochaine conférence.

Qu’est ce qui doit être fait différemment?

Il semble que la communauté internationale reconnait la nécessité d’un changement, mais elle finit souvent  par être prise dans le même piège de faire les mêmes choses et de la même manière. Nous devons nous concentrer sur le potentiel de savoirs existants plutôt que d’essayer de réinventer la roue. La date butoir de 2015 pour les OMD n’est pas trop loin.

Article écrit par Martina Mascarenhas (version anglaise) et traduit par Rivaldo Kpadonou, tous Reporteurs sociaux de la GCARD


One thought on “GCARD2: De la Feuille de route à la mise en œuvre

  1. L’un des defis majeurs de la recherche agricole pour le developpement est le transfert des connaissances et des resultats des chercheurs vers les utilisateurs que sont en premiere ligne les petits producteurs, et ensuite les entreprises et les decideurs politiques. Le renforcement de la collaboration entre la recherche et les utilisateurs des resultats de recherche est necessaire et vivement souhaite pour une recherche et innovation agricole au profit des petits producteurs, et donc au service du developpement

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